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Québec, capitale de la civière
À CAUSE DU VIEILLISSEMENT DE LA POPULATION
Par Claudette Samson
Une population plus vieille et des difficultés à
faire face à la demande en matière de maladie mentale.
Voilà qui explique l'essentiel de la hausse marquée
des séjours de plus de 48 heures dans les urgences de la
région de Québec.
Encore la semaine dernière, plus de 70 personnes âgées
en attente d'une place d'hébergement occupaient un lit
de courte durée dans les hôpitaux de Québec.
Ces lits étant occupés, d'autres personnes en attente
d'hospitalisation demeurent coincées à l'urgence.
Bien que toute la province vieillisse, la région de Québec
est davantage affectée par le problème. Elle est
de toute la province celle où la population est la plus
vieillissante. La proportion de personnes de 65 ans et plus y
est passée de 10 % en 1986 à 15,3 % en 2006, soit
une hausse de 50 %.
«
Pour la première fois cette année, il y a plus de
personnes âgées (15,3 % de la population) que de
jeunes de moins de 18 ans (14 %) », souligne Pierre Lafleur,
de l'Agence de la santé et des services sociaux de la Capitale-Nationale.
Quant aux problèmes de services en santé mentale,
ils ont abondamment fait parler d'eux ces derniers mois. Les engorgements
du CHUL, entre autres, s'expliquaient en grande partie par cette
clientèle.
La situation s'est améliorée cet automne, avec l'ouverture
d'un certain nombre de lits de psychiatrie à Saint-Sacrement.
Les tableaux obtenus par Le Soleil s'arrêtant à septembre,
ils ne font cependant pas écho à l'impact de cet
ajout sur les séjours aux urgences.
L'ouverture d'une troisième urgence psychiatrique à
Saint- Sacrement vers le début de 2008 devrait aussi contribuer
à l'amélioration de la situation, souligne M. Fontaine.
Ressources intermédiaires
L'Agence mise aussi sur des ressources plus légères
dites «intermédiaires» pour faire face à
la situation particulière de Québec.
Normalement, explique M. Fontaine, une personne est admise en
centre d'hébergement lorsqu'elle a besoin de 3 à
3,5 heures de services par jour. Or, il arrive que certaines soient
hébergées alors qu'elles nécessitent seulement
deux heures de services, car elles ne peuvent demeurer seules.
«Quand la perte d'autonomie n'est pas trop lourde, elles
pourraient aller dans une ressource intermédiaire»,
soumet M. Fontaine. L'Agence vient d'en ouvrir une sur la 1re
Avenue et négocie présentement avec quelques résidences
pour acheter des lits. Elle fait une démarche comparable
pour les gens ayant des problèmes de santé mentale
ne nécessitant pas obligatoirement l'hospitalisation, mais
requérant malgré tout une certaine surveillance.
Le nombre de personnes en attente d'hébergement séjournant
à l'hôpital ne sera cependant jamais à zéro,
selon M. Fontaine. C'est souvent à la faveur d'un accident
ou d'une opération que l'on réalise qu'une personne
ne pourra plus retourner dans son milieu de vie. Le temps d'évaluer
sa condition et d'aménager un déménagement,
il est normal qu'il y en ait un certain nombre, dit-il. Celui-ci
devrait être d'une quarantaine pour l'ensemble des hôpitaux
de la région.
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