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* L'exécution de Saddam confirmée par la cour d'appel

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Agence France-Presse/ Bagdad

La cour d'appel irakienne a confirmé mardi la condamnation à mort de l'ancien président irakien Saddam Hussein, pour le massacre de villageois chiites, sentence qui doit désormais être exécutée dans les 30 jours.

Cette décision est intervenue le jour même où le nombre de morts américains depuis l'invasion de l'Irak en 2003 a dépassé le bilan symbolique des 2.973 morts des attentats du 11 septembre 2001 aux États-Unis.
La cour d'appel du Haut tribunal pénal irakien a « ratifié le verdict d'exécution de Saddam Hussein », a annoncé en fin de journée le porte-parole de cette juridiction, Raëd Jouhi.
Le président déchu sera exécuté dans les trente jours par pendaison et « à n'importe quel moment à partir de mercredi », a précisé un juge de la cour d'appel, Arif Shaheen.

Saddam HusseinSaddam Hussein qui a dirigé le pays d'une main de fer de 1979 jusqu'à l'invasion américaine et la chute de son régime en avril 2003, avait été condamné à mort par pendaison le 5 novembre pour l'exécution de 148 villageois chiites de Doujail (60 km au nord de Bagdad), dans les années 1980, en représailles à un attentat contre le convoi présidentiel.
Son demi-frère Barzan al-Tikriti, ancien chef des services de renseignement, et l'ancien président du tribunal révolutionnaire Awad al-Bandar avaient également été condamnés à la peine capitale.
Leur appel a été rejeté, a précisé le juge Shaheen, et tous deux seront également pendus d'ici 30 jours.

Les peines de trois autres accusés, anciens dirigeants locaux du Baas condamnés à 15 ans de prison, ont aussi été confirmées.
L'appel de l'ancien vice-président Taha Yassine Ramadan, dur parmi les durs de l'ancien régime, condamné à la prison à vie, a également été rejeté mais la cour d'appel a demandé que la peine soit aggravée.
Depuis Amman, l'avocat du président déchu, Me Khalil Doulaïmi, a affirmé que la décision de la cour d'appel était «prévisible» et a de nouveau dénoncé un procès « politique ».
« Ce jugement figure dans les agendas américain et iranien visant à diviser l'Irak et à l'engager dans une guerre civile », a estimé Me Doulaimi.

Selon la loi irakienne, aucune autorité, pas même le chef de l'État, ne peut user du droit de grâce ni commuer les peines prononcées, a rappelé M. Jouhi.
En outre, la tenue d'un autre procès n'ayant pas de caractère suspensif, Saddam Hussein sera pendu, même s'il est actuellement jugé avec six anciens dirigeants pour avoir ordonné et mis en oeuvre les campagnes militaires Anfal, en 1987-88 dans le Kurdistan (nord), qui ont coûté la vie à 180.000 Kurdes selon l'accusation.
La journée a par ailleurs été marquée par la mort de quatre soldats américains à Bagdad, portant à 2.976 le nombre de militaires américains ou personnels assimilés tués depuis l'invasion de l'Irak, soit plus que le nombre symbolique des 2.973 victimes des attentats du 11 septembre 2001.

Trois ans après l'invasion -très contestée au sein de la communauté internationale-, ce bilan macabre devrait raviver aux États-Unis le débat sur la politique du président Bush qui, sous la pression de son opinion publique, a promis une nouvelle stratégie.
Pour le seul week-end de Noël, 16 soldats américains ont été tués dans le pays. Comme la plupart des victimes américaines, trois soldats tués mardi sont morts dans l'explosion d'une bombe artisanale au passage de leur véhicule, le quatrième dans un accident de la route.
Les Irakiens ont eux continué à payer le plus lourd tribut à la guerre. La capitale a connu ce mardi une nouvelle journée de sang, avec au moins 49 morts dans plusieurs attentats.
Le plus meurtrier est survenu à la tombée de la nuit, près d'une mosquée sunnite d'un quartier nord de Bagdad, où au moins 20 personnes ont été tuées et 35 blessées dans un attentat à la voiture piégée.

Par ailleurs, au moins 41 corps ont été découverts mardi dans les rues de la capitale par les forces de sécurité irakienne.


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