|

Riposte sanglante de la police
Quinze personnes, dont un policier, ont été tuées
jeudi au cours des affrontements qui se sont poursuivis pour la
sixième journée consécutive dans l'État
de Sao Paulo, au Brésil. En outre, 28 autobus ont été
incendiés.
 |
| Des autobus ont été incendiés |
Selon un nouveau bilan officiel, les attaques de l'organisation
criminelle Premier commando de la capitale (PCC) et la contre-offensive
des forces de l'ordre ont fait 170 morts depuis vendredi dernier:
107 assaillants présumés, 41 policiers, 18 prisonniers
et 4 passants.
Au total, la police a procédé à 124 arrestations
et saisi 146 armes, notamment des grenades, des fusils et des
mitraillettes.
Une entrevue met le feu aux poudres
La tension est montée d'un cran après la diffusion
d'une entrevue avec Marcos Williams Camacho, dit Marcola, le chef
du PCC qui est considéré comme le cerveau des attaques.
« Nous sommes prêts à faire beaucoup plus »,
at-il déclaré à la télévision
TV Bandeirantes depuis la prison à haute sécurité
où il se trouve en cellule d'isolement.
Selon Marcola, les autorités policières ont déclaré
la guerre à son groupe et ne veulent pas véritablement
régler la situation. Le chef du PCC a revendiqué
la série d'attaques lancées vendredi contre la police
et les mutineries dans les prisons pour protester contre le transfert
de 765 détenus vers une prison à haute sécurité.
Mais le secrétariat de l'État de Sao Paulo met en
doute l'authenticité de cette entrevue. « Nous
avons l'absolue certitude que Marcola n'a accès à
aucun téléphone », a dit un porte-parole
de l'administration à l'AFP.
Les organisations des droits de l'Homme s'inquiètent
La police a engagé une riposte sanglante, sans qu'il soit
possible de déterminer si les suspects tués étaient
tous des assaillants. Les organisations de défense des
droits de l'Homme sont inquiètes.
Ariel de Castro Alves, coordinateur du Mouvement national des
droits de l'Homme, affirme que « des groupes d'extermination
encagoulés opèrent en ville ».
« Nous sommes préoccupés par les assassinats
par des gens en cagoule, a renchéri le contrôleur
de la police de Sao Paulo, Antonio Funari Filho. Tous les homicides
non élucidés, dont la police n'assume pas la responsabilité,
peuvent être le fait de commandos parallèles ou de
policiers vengeant leurs collègues. »
Sao Paulo, troisième ville au monde avec environ 20 millions
d'habitants, est confrontée depuis longtemps à une
criminalité débordante, favorisée par son
rôle de plaque tournante du trafic de cocaïne à
destination de l'Afrique, de l'Europe et du marché intérieur.
Arriba
|